gruyeresuisse gruyere

14/08/2022

Rat vaut d'âge

Tristan.jpgLes os au lever grincent. Ma grand-tante jadis le disait et je suis devenu son porte trait pour trait. Elle avec un côté impudeur du sublime et moi plus vignette triviale kitsch. Mais entre nous deux sans doute une mimesis de consommation courante plus que de genre sotie et mystère. Je marche donc tant que faire se peut tentant d’ignorer que nous sommes corps et âne et volant dans les plumes du sérieux. A mon âge je crains la mort plus qu'on me gave en me proposant des hormones de croissance pour éviter de finir ramollo. Je reste ma main sur du rien sinon ma couenne et du collyre pour voir moi mon délabrement. Je sais que j'exagère ou que du moins je noircis par anticipation. Qui vivra verra sans doute. Comme mes copains de la classe 67, du moins ceux qui restent et qui se bourrent de gélules et sont suivis de près par la Faculté. Tentant parfois de se secouer la kikette pour en extraire un petit jet érotisé qui ne suffirait plus à tartiner des décolletés. Pour ma part, je préfère rester seul sur mon perchoir en vieil ara qui ricane pour venir à bout de sa Melancholia. Je n'ai donc rien à voir avec tous ces Mélenchon à qui personne ne parvient à leur couper le sifflet des macérations prétendument commisératives qui tiennent de la farce. J’espère, au mieux, dégager les oreilles de leurs poils en de longues séances pour évacuer tout apitoiement narcissique sur le vieux corps et ses désirs flasques. Fouin des délicatesses, et face au magma de l'"et moi ?"  un peu de sens à sec, dans la joie de n’être plus ou presque. Le tout entre la platitude voulue d'une narration objective et le luxe pince-sans-rire d'explications plus saugrenues qu'encyclopédiques. Il s'agit à qui mieux mieux de parasiter le réel, d'en disperser les savoirs selon une généralité des plus vagues pour affiner mon blabla.
 
Jean-Paul Gavard-Perret
 
Encre de Tristan Felix

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