gruyeresuisse

01/08/2022

Mais dit-on

Medit.jpgDès que le pêcheur accroupi se met aux bulots, se voit la peau des fesses du moche extravagant. Un tel bosquet rose cobalt n'a rien d'érotique entre les rives et leur jus de cidre qui lui monte parfois jusqu'aux genoux parmi les choses intranquilles et incrustés que mange la Bretagne. Son cœur bat à chaque prise. Il leur adresse un madrigal tandis qu'il  dévisse comme une queue de cochon ces bestioles cataloguées comme  bagatelles parmi les fruits de mer. Mais un tel celui des entrailles, extrêmement fortiche en hormones, se contente de ça en lançant benoitement des Ave Maria ! Il est vrai que face à cet expert beaucoup de cueilleurs rament et en bavent au sein du coulis de pâle horizon. Bientôt il rejoindra sa longère près d'un figuier, des  rangées de thuya et de forsythias pisseux qui tentent de sauver ce qui peut l'être d'une rusticité improbable -  dont un puits en pneus presque à la hauteur des plans de tomates du jardin. Celui-ci ne peut dès lors que décevoir et rend ses poires honteuses tant elles font si peu pour la soif. Si bien que l'olibrius - s'il se veut rock d'identité côtière- surfe depuis belle lurette sur aucune vague musicale. Ses trips sont remplacés par un tout pour la tripes si l'on en juge par sa proéminence stomacale. Elle ne possède rien de picturale chez l'arpenteur de la margelle des plages. Il se dépatouille comme il le peut en une telle ratatouille de rochers et de sable. C’est ainsi qu’on voit ce non-être habiter la peau son être. A n'en pas douter il a dû douiller et va dans la vasouille pour vivre son reste d’humanité. Dès lors méditons l’allégorie en tremblant dans nos caleçons : plus on avance moins on rigole même dans les rûs de marée basse où le métier de vivre est plus que las.
 
Jean-Paul Gavard-Perret

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admin

Écrit par : admin | 04/08/2022

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Écrit par : admin | 04/08/2022

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