gruyeresuisse

30/07/2022

"Pro" dis-je

Coq.jpgJe dois accorder à ce que je nomme mes idées un peu de la nature désinvolte dont elles sont le fruit. Je ne leur donne  pour importance que celle de redresser mon humeur afin de la rendre courtoise à celle qui m'accorde ses bontés coutumières (que par ailleurs je lui rends bien). Elle agrée une certaine qualité à mes pénétrations qui la conduisent à ne plus souffrir de son existence.  Bref j'entre dans ses profondeurs sans qu'elle ne s'en offusque.  Mais ce qui la satisfait est - dit-elle - reste ma capacité à la rendre folle par une telle inclusion dans le crépuscule qui baigne la chambre de l’hôtel Balzac de Loche. Je créerais, toujours selon elle, un état de légèreté, de flottaison vaporeuse en une zone qu'on peut nommer terminaison nerveuse à qui j'accorde une bienveillance notoire. Cette propension n'a rien d'exclusive : je la réserve  aux cœurs tendres et aux corps en adéquation avec icelui.  Il s'agit de  pratiquer une sorte le long chemin qui mène à tout sauf à ce qui tient d'une montée au calvaire. Du moins pour celles qui ne sont pas frappées de la honte d’avoir un corps et ne cultivent en rien une répugnance envers lui. J'exclus donc celles qui ne songent qu'à implorer le ciel et prononcent le nom de Dieu eu égard sinon à un mal psychotique, du moins à une forme de deuil intérieur au souvenir de la fraîcheur de l’enfance désormais en allée.  Celles qui n'en souffrent pas savent que l’impétueuse domination n'est pas de mon fait. Pour détacher une compagne du fond monotone des jours j'espère chaque fois concrétiser pour elle quelque arcane d’espérance. Son coeur bat ainsi  sa bonne mesure. Quant à sa raison elle ne se manifeste plus que par son insuffisance. Entre la possession et dépossession disons que tout roule et suit le plus parfait des cours puisque la substance émotionnelle n'est pas effarouchée : elle s'en trouve à l'inverse subsumée plus souvent qu'à son tour. Certain(e)s diront que je me vante. Mais la fièvre qui embrase ma partenaire et la conduit parfois jusqu'aux pleurs, permet facilement de prouver le contraire. D'autant que je sais parfois non prendre le large mais trouver une façon de - et si je peux m'exprimer ainsi -  passer derrière ma compagne  pour qu'elle trouve sa joie plénière éloignée de l’offense.
 
Jean-Paul Gavard-Perret
 
Photo Mathilde Coq.

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admin

Écrit par : admin | 04/08/2022

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Écrit par : admin | 04/08/2022

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