gruyeresuisse

29/07/2022

Hors Ange Mec à nique

Da 2.jpgEncre sèche et bille bloquée. Sex toy et car à hoquet. Les doigts qui serrent trop fort se crispent. Le poignet n’est plus mobile à la base de la main comme au rayon des nouilles et des robes en soi - ce qui fait une belle entorse aux genres qui ne s'en  remettent pas mais - qui plus haie - en n'ont rien à foutre. L’avant bas brûle comme si il fut trop utilisé en hommage à une sorte de muscle qui n’existait que dans le vide avant le grand soir où il la rencontre et  ne cessa de s'acharner en Elle, zèle dans le blanc de sa cuisse - ou presque . Mais comme sur la dernière image d’un vieux film américain se surimpressionnait déjà les mots "The End" avant d’essuyer taches et  larmichettes et de rallumer la lumière de la chambre jusque là plongée dans le noir. Les autres en restèrent baba en Rome et Cinecittà n'ayant rien vu d'un spectacle dont ils espéraient tant de troubles. En lieu et place l'ombre les a laissés face non à une fiction mais à leur propre histoire. Certes ce n'est pas la mère à boire. Pour eux cette dernière a versé tant de pleurs et  lui, devenu vieux, la mate chaque soir lorsqu'il sort fumer sur le balcon histoire de soigner  un diabète de type 2. Longtemps il la crut disparue mais comme lui elle survit à la transformation du monde. Il se tourne alors vers le passé, caresse  l’idée de la  revoir sans savoir lequel des 2 aura été le plus victime du temps. Parfois l'envie lui prend même de  retourner vivre avec elle puisqu'elle lui fit vivre les moments les plus intenses de sa vie. Il louerait une chambre à l’hôtel qui donne sur la plage et son promenoir. Bref il la revoit telle une vedette en bikini à fleurs prenant la pose sur le sable tandis que  sur la route de la corniche filaient des Facel-Véga. Mais ce, avant que lui-même  aille travailler à l’usine en 3/8 puis en une  station-service comme pompiste de nuit , plus dans une vie de précarité que de misère ta littérature. Il reste à ce titre mélancolique et son film hollywoodien perd des couleurs à la Nathalie Kalmus.  Chaque matin se réveille dans le même décor que la veille, sans heurt sans même s’en rendre compte. Aujourd’hui succède à l'avant  comme si le temps demeurait d’un seul tenant dans sa grosse thé hier.
 
Jean-Paul Gavard-Perret
 
Photo de Laetitia Da Beca

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admin

Écrit par : admin | 04/08/2022

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Écrit par : admin | 04/08/2022

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