gruyeresuisse

05/06/2022

Jean-Jacques Gonzales : le temps et son au-delà

Gonzales.jpgConstitué de plus de 200 photographies ayant appartenu et prises par son père et le texte qui les commente en une "conversation tardive", ce livre permet la synthèse de scènes de la vie inconnue pour une grande part puisqu'elle date d'un temps que l'auteur n'a pas connu dans un pays (l'Algérie) qu'il a dû quitter à l'âge de 11 ans.
 
Le tout non sans un certain humour et une distance suffisante pour extraire tout ce qui s'écrit de la simple anecdote. Gonzales qui se dispense de toute nostalgie tout en étant capable de véritables élans du cœur envers les siens comme envers des personnes qu'il ne connaissait pas, avec lesquelles il vit encore dans une authentique fraternité.
 
Gonzales 2.jpgSans débordements l'auteur propose à sa manière un récit d'initiation et de mémoire perdue au sein d'une telle rêverie autobiographique. Elle sert de ferment à une composition où l'immixtion de la part d'interprétation de ce qui fut n'entrave en rien une sorte de vérité d'authentification. Ce dialogue est muet mais paradoxalement s’élève contre le silence de mort et d'exil. La photographie paternelle est pour lui un masque tranquille, muet, qu’il oppose à la mort. Du coup, c’est comme si la photo tout entière était un leurre en même temps qu’un ex-voto : un leurre pour déranger la mort, un ex-voto en guise de salut au temps qui passe.  
 
Jean-Paul Gavard-Perret
 
Jean-Jacques Gonzales, "Conversation tardive", L'Atelier Contemporain, Strasbourg, 2022, 206 p., 25 E..

Commentaires

Un salut intime et fraternel qui m'émeut particulièrement . Sans la guerre d'Algérie mon père amateur photographe aurait choisi la photographie professionnelle . Mes archives argentiques restent un monologue .

Écrit par : Villeneuve | 05/06/2022

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