gruyeresuisse

21/05/2022

Je, suie

Frederique Longree.jpgTempes sous l'enclume, les synapses brûlent. La suie cérébrale étouffe et étourdit le langage. A l'écume du jour, aux ressacs des nuits le visage voilé efface l'éveil. La couture des désirs se défait. Quant aux ourlets de chair ils gonflent le sac d'os juste pour contrarier l'insurrection de la pesanteur des sens inopportuns. Qui pour oser le songe ? Le doute est permis. Lents demains dans le temps où germe le monde des ombres. Gronde la terre tandis que grincent les mâchoires sur des psaumes incertains. Des balles bues cimentent et colmatent le dénuement. Glissent encore quelques mots, s'acharne la langue pour dire ce qui se fige et s'efface. Entre crainte et l'attrait un certain néant mord tout signe dans le grincement de la mécanique. Des grognements subsistent, tintinnabulent, s'enlisent. L'insuffisance est notoire en des entrailles dont les spaghettis ne conjuguent rien qui vaille. N'en demandons pas plus. La bouche s'étire comme un trou de cendres. Si lent aussi va le dedans.

Jean-Paul Gavard-Perret

Oeuvre de Frédérique Longrée

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