gruyeresuisse

19/05/2022

Cils hures

Veronique Sablery.jpgMaraude vers le point mal dit de chute. Aux caprices de tels jeux, aux clartés de tendresse qui soulèvent le souffle et tiennent le tremblement, il plie son dos pour acérer l'espace où il s'égare. Là est la donne. Parfois doute le geste car les corps d'abord hésitent avant de s'élancer, se tourner et se retourner. Face à la peur de la rupture la fabuleuse évasion se met à démembrer le temps quand l'horizontalité s'impose, agite les pages des draps et mâche les mots. Sous la langue un peu de répit du verbe pour une autre promenade des salives. S'ouvre la bouche où se lie l'écho. La peur est que personne ne réponde et que seul le silence ose demain ou que s'invente un autre au firmament de l'éloignement. Pour lui ne va ce corps qu'à sa peau. Tout est à prendre de la chair et qu'importe l'ourlet des souvenirs avant que file, file l'aiguille. La bobine tourne la tête, il faut que le corps tienne en de tels essayages. Boutonnière aux lèvres, ganses aux paupières, crochets aux rêves. Dessous, dessus, dedans. Et demain, silures au ventre, jarretière du jour  - pour ainsi dire.
 
Jean-Paul Gavard-Perret
 
Photo de Véronique Sablery

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