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14/05/2022

Philippe Decrauzat et les effets retards

Decrauzat.jpgPhilippe Decrauzat, "Delay",  Verlag der Buchhandlung Walther und Franz König,  2022, 448 pages, 1280 images.
 
 
Avec "Delay" le lausannois Philippe Decrauzat poursuit son renouvellement  esthétique  dans un vocabulaire d'une forme qu'il affine depuis ses débuts. Elle se construit autour d’un noyau central issu d’une même matrice comme pour se structurer une temporalité spécifique.
 
Decrauzat 3.jpgSurgit tout un jeu entre le visible et l’invisible non sans rapport aux "instructions" développées par Maurice Merleau-Ponty et sa philosophie de la phénoménologie de la perception. Existe en conséquence toujours un retour a du "même" composé de 24 lignes teintées de nuances de gris. Le blanc et le noir virent au gris en des dégradés et effets de pulsations plus ou moins ralenties ou contrariées.
 
Decrauzat 4.jpg"24 images par seconde" font partie intégrante de ce travail qui distille un rapport au temps et qui ramène au 24 heures, notion "symbolique" du monde vécu. D'où la création d'une histoire allégorique liée à la temporalité d'un langage qui se veut sans affect pour représenter un signe artificiel qui veut néanmoins réduire ce langage à l’expression des émotions. Par des effets retards s'expérimente l’immédiateté de l’effet visuel et se révèlent des réactions qui remontent au sujet et sans lesquelles il ne serait plus question de "foyer de vérité". Du moins telle que l'entend Decrauzat co-fondateur de l’espace indépendant CIRCUIT et professeur à l’Ecole Cantonale d’Art de Lausanne.
 
Jean-Paul Gavard-Perret

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