gruyeresuisse

03/04/2022

Jean-Pierre Faye explorateur cosmique

Faye.jpgFaye reste avant tout conteur et poète, bien avant même d'être philosophe.  Et ce même s'il fut réduit à cette "fonction"  tant on a oublié que ses premiers écrits furent d'une part les poèmes ("Fleuve renversé", "Couleurs pliées", et d'autre par les  récits ("Entre les rues", "Battement"). Ensuite seulement il s'est lancé dans son monumental travail sur "Les langages totalitaires" avant que soient rassemblés les articles du "récit hunique", sommet de la grande époque de Tel Quel en 1967, juste avant la rupture et la création de Change. L'auteur y annonçait “Les Huns arrivent. Et croyez-le ou non : ils viennent par le langage ou le récit.”
 
Taye 2.jpgCe travail devient au fil du temps une grande narration ininterrompue et à "l’horizon homérique”  dont il offrit des variations jusqu'à ce que, avec "Le corps miroir", paraisse son oeuvre la plus sidérante là où   “Le corps regarde le monde : par le mouvement de son regard il dessine et colore l’univers. / Je vois les choses qui s’éteignent, et je puis hâter la nuit en fermant les yeux. Le regard cesse alors d’être un miroir. / Notation qui est de peu d’importance – jusqu’au moment fort récent, de savoir que l’univers a un âge, aussi précis que celui d’un enfant.”
 
Faye 3.jpgFaye  croit à la possibilité de changer le réel initial par des variations narratives de ses langages. Pour l’auteur : “Le corps miroir est un corps vivant affamé, assoiffé et désirant, parlant et agissant.” Et ce en abolissant le partage des genres qu'opère la littérature classique. L’auteur a travaillé à les effacer pour faire monter à la surface de la langue tout le corps des pensées au moment où la raison narrative peut devenir déraison, déliaison. Il  prouve que dans ce que nous estimons être la philosophie ou n’être que la philosophie, il existe une histoire du corps narratif des concepts qui livre des "récits de la pensée” dont "Le corps miroir" ouvre des perspectives essentielles. 
 
Jean-Paul Gavard-Perret
 
Jean-Pierre Faye, "Le corps miroir", Préface de Michèle Cohen-Halimi, éditions Nous, Antiphilosophique Collection, juin 2020, 192 p., 18 €..

Commentaires

Oui j'avalise ce que Jean-Pierre Faye pense et que JPGP exprime si clairement . " Il prouve que dans ce que nous estimons être la philosophie ou n’être que la philosophie il existe une histoire du corps narratif des concepts qui livre des "récits de la pensée” dont "Le corps miroir" ouvre des perspectives essentielles. "

Écrit par : Villeneuve | 03/04/2022

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