gruyeresuisse

31/03/2022

Francky Boy le franc tireur

Franky.jpgFrancky Boy, "La grande évasion", Galerie Sonia Zannettacci, Genève,  24 février - 24 avril 2022.
 
Francky Boy est un artiste peintre sculpteur français autodidacte né en 1954 à Paris. Vit et travaille dans le Val de Marne à Charenton le Pont .Il a emprunté pour le titre de son exposition un titre accrocheur  qui ramène à toute une culture populaire.
 
code-civil-scaled.jpgFace à l’abrutissement organisé des images, l'artiste au lieu de les effacer les rameute pour les court-circuiter en des sortes de caricatures de caricatures. Les scénographies trahissent ce que les menteurs proposent de l'art et du cochon. L’artiste prouve que tout gogo dépend des images que lui font avaler les pouvoirs qui ne rendent jamais leurs transes lucides. 
 
 
 
Franky 2.jpgMais Franky Boy les remplace. C'est là une réflexion  sur l’image avec un sens aigu de l’humour le plus insidieux. L'artiste considère la vie et de l’art comme d’un voyage afin de nous dégager des zones d’épis sûrs des  hallucinations collectives. C’est ainsi qu’en nous rendant  taupes-less face à nos certitudes le créateur fait de nous des voyants provisoires mais des voyants tout de même. Et en avant doute
 
 

Jean-Paul Gavard-Perret

Compagnie

Bru.jpgAube dans les artères lorsque l'amante au lotus sanglant, la déesse du crépuscule devient Magdeleine la sainte nue. En deçà de son enveloppe charnelle elle offre sa lumière intérieure et la vision aux aveugles. Existe alors  la combustion secrète de la floralité. A nous la contemplation. Il suffit de se plonger littéralement dans l'image qui devient le support de visions, sensations et méditation. Bienheureux alors celui que l'histoire oublie. Loin de l’agitation du monde, il se métamorphose en narrateur prêt à rester des heures, des jours et finalement des années  devant ce miroir intérieur qui offre constamment un envol à sa propre immobilité et son  indifférence aux choses et aux passions humaines. Cette emprise est autant charnelle que métaphysique. Elle n’est pas sans évoquer les récits de Beckett. Chacun peut se perdre même le dimanche en une telle aventure qui  ouvre à la poésie. Le soupçon de l’utopie est partout dans une telle consumation. Il ne faut cependant pas confondre cendre et ombre. Mais qui sait ? La nuit de l'amour  n’est-elle pas, à la fois, prélude et terme de l’incendie ?
 
Jean-Paul Gavard-Perret
 
Peinture de Claudia Brutus

30/03/2022

Philippe Chitarrini, de ma fenêtre

Chi.jpgPhilippe Chitarrini regarde et photographie la réalité des fenêtres avec son oeil de peintre. Et il y découvre dit-il "des choses surprenantes quand on prend la peine de regarder." Une telle contemplation ne débouche pas sur le plein attendu mais une sorte de vide.
 
En lieu et place de saillies rocheuses, de flots d'oiseaux majestueux ou autres objets de diversion ne reste qu'une forme d'abstraction. Ce travail joue sur le rapport entre des formes et lignes qui se contredisent et se compénètrent. Ne restent que des bords et bordures. Si bien que chaque fenêtre plus que de lieu de vision devient celui de la voyance.
 
Chi 3.jpgDe telles formes se donnent comme révélations. Surgissent des architectures improbables de volumes, de plans, de chromatismes premiers.  Plus nous avançons et moins on voit le lieu.  Cela passe et ne passe pas à travers les tracés qui retiennent ou écartent ce qui se nomment communément "choses vues" là où la photographie offre une union paradoxale en ce qui reste mais qui est bien qu'un simple reste par ce qui fait tension et résistance.
 
Jean-Paul Gavard-Perret
 
Philippe Chitarrini, "Les fenêtres", 2022.

10:48 Publié dans Culture, Images | Lien permanent | Commentaires (0)