gruyeresuisse

21/03/2022

Ovale lie

Elsa CHa TEXTE bon.jpgEt après ça ne s’arrête plus.  Après. Reste le goût d’orage ou d'orange. Il est dans la bouche, allié d’étain sur le sillon de la jouissance. Et ce avec le poudroiement de lumière dans les yeux de ceux qui se contemplent en referment les yeux dans le regard tactile , le toucher de sueur  le long des hanches et de la sente où s'ébauche les lignes très convergentes d'où où naît le monde à moins qu'il ne plonge dans l'adorable jungle de chair. Après ça ne s’arrête plus. Lèvres toujours grandissantes dans la courbure au milieu du lit où deux loups arrachant l’éclat sont la source, la  pierre à moudre du monde  face au frelon qui sera parfois impossiblement dare d'art. Mais à qui dire toutes choses qui sont là sinon à celle aux cheveux noirs qu'elle écarte entre les doigts, espionne de l’univers aux longues vibrations. Reste la musique stridente au large d’incantation, les racines des mains reliées au fil d’horizon.  Mais qu’en retenons-nous exactement ? Nous ne connaissons même pas notre instant présent qui est un point mouvant. Ce n’est d'ailleurs  pas un point, plutôt un paysage, une habitation, une architecture, une flamme mouvante fantôme d'autres  fantômes. D'où cette apparition scénique propre à retenir une touche impalpable de toute construction de l’univers. Il est tout de même fabuleux de penser que si cette anthropologie terrestre disparaissait dans un coup de vent elle serait là pour personne, pas même pour soi dans le gris qui reste un mélange où tant vides et pleins se mêlent. Ici suivant le poids et le nombre de signes surgit  la seule image. Elle claque sonne en modelant hanches et lombes  pour  ne jamais écarter la chaleur. Il s'agit de franchir le cercle d'incision, d'écouter au creux du tronc des heures le tic tac du coeur, d'emporter la faim qui fait se coucher sur la meule de foin où fourmille la douce violence.  Le bousier noir est bouffé cru, courbé sur le dedans.  Son noir est strié par l'étincelle de la lune et  l'élytre oblongue qui sous le vernis que le sombre assemble fait bloc. Elle amasse la bifide antenne au foyer le plus noirci du rond.
 
Jean-Paul Gavard-Perret
 
Dessin d'Elsa Cha
 

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