gruyeresuisse

09/01/2022

Robert Ireland et la fabrique des images

Ireland.jpgC'est sans doute parce que le présent le renvoie "à un état de non-existence ou,  j’en conviens, à une incapacité à me laisser aller dans le non-être" que l'auteur a non seulement créé des oeuvres d'art mais écrit : "Ma plume a été un long compagnon : j’ai écrit  de façon régulière depuis l’âge de seize ans." manière à la fois de se ressourcer, de se domestiquer mais parfois de s'aliéner. C'est pourquoi il s'est souvent arrêté.  Mais il revient ici à ce compagnonnage qui "de tout temps m’a permis de  résister à la sensation panique d’être dissout dans le monde.
 
Mais ce n'est qu'un filtre de protection pour rentrer et expliquer tout autant ce que la création artistique implique. A savoir et entre autres entrer dans "le moment magique de la découverte, de l’expérience, du faire." mais tout autant dans ce qu'en amont cela implique. Car le périphérique de la création reste essentiel. Et cela n'est pas anodin dans l'économie d'un tel livre, sorte de journal intime de la création,
 
Ireland 2.jpgBien des choses sont donc dites, coincées entre la pensée brève et l’écriture-fleuve, entre le journal et les aphorismes. L'auteur louvoie entre les deux pour toucher à un  "roman Inframémoire" volontairement  mal jointé et de guingois - du moins en apparence -  mais où tout se dit de la fabrication au fil du temps des images et de leurs prolégomènes ancrés dans le quotidien.
 
Jean-Paul Gavard-Perret
 

Robert Ireland, "Images amies. 2014-2021"; coll. Shush Larry, art&fiction, Lausanne, 2022, 216 p., CHF14.90.

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