gruyeresuisse

20/12/2021

L'opéra des gueux de Kristell Loquet

Loquet.jpgCertes Kris­tell Loquet évoque ici cer­tains de ses sou­ve­nirs d’enfance avec le rôle que ses défunts occupent encore dans sa vie. Pour autant un tel discours n'a rien de passéiste même si l'auteure opère la résurrection des siens avec un sens absolu d'une prose aussi poétique que descriptive (lorsque le besoin s'en fait sentir).

Se retrouvent donc sa verve et son humour moins gratuits que certains pourraient le penser. Que les femmes soient rares mais que les hommes s'en plaignent n'est pour elle ni une sinécure ou du cinéma muet. Et  si alors surgit l'état de "fumelle" (l'auteure pensa que l'un de ses ancêtres avait inventé ce terme pour elle)  c'est pour mieux jouer de la langue dans diverses équations dont femelle et fumiste deviennent le x et le y. Mais pas forcément des inconnues.

Loquet 2.jpgEt comme Kristell Loquet l'affirme c'est la bonne manière - plutôt que de "se casser la margoulette" - de rechercher sous les mots de la tribu officielle ceux de sa propre engeance. En elle tout est bon : le cochon et la charcutière, et jusqu'aux cadavres des cimetières dont Daniel Dezeuze par ses dessins anime en folles haies les feux follets.

Jean-Paul Gavard-Perret

Kris­tell Loquet & Daniel Dezeuze , L’Aumaille, Edi­tions de l’Atelier Contem­po­rain, Stras­bourg, 2022, 128 p., 15,00 €.

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