gruyeresuisse

20/12/2021

Auvent emporte le temps

texte.jpgNe nous y trompons pas : le passé nous attend au tournant. Qu'importe les saisons. Les souvenirs embarrassent et il n'est pas jusqu'au futur à les pourchasser. Certains pendouillent et manquent d'explications. Mais nous nous sommes rendu compte de rien aperçu  ou de si peu. Ils verminent. Et dire que certains affirment que nous devrions y revenir plus souvent. Ils ont bien tort de les tartiner comme de la confiture. A croire que ça les grise et ils y restent couchés. En cela ils ne diffèrent pas des toutous même si du passé ceux-ci repoussent le sale murmure. Leurs  chagrins d’amour ne  leur rendent pas le coeur  lourd. Mais ceux qui hurlent à la mort ne sont pas toujours ceux qui nous ont mordus.  Il y aura parfois des vétérans médiocres parmi ceux qu'ils deviendront.  Plus que jamais ils s'agrippent à nos matricules pour cause de nos près de soixante-dix ans de notoires inconduites. Mais  du  temps suivons la bande.  S'il passe les bornes ne prouve rien.  Il défile, file; le futur est très vite le passé, et le présent s’efface. C'est comme si la fin m’empêcha toujours de trouver le début. D’ailleurs allant, je viens  nulle part. Revenu de rien, je sors  de tout. Comme le merle moqueur ou le vaillant soudeur. Reste encore du sanguinolant à mon squelette.  Bientôt je frapperai à la porte du cimetière, je m'y raidirai tout seul. Plus besoin de demoiselles. La terre fera l'affaire en son coulis marron.
 

Jean-Paul Gavard-Perret

09:35 Publié dans Humour, Lettres | Lien permanent | Commentaires (0)

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