gruyeresuisse

19/12/2021

Thomas Stélandre : les salaces des Salem

Capricci.jpgLes "Sorcières" du cinéma qu'illustre Stélandre musèlent la logique admise. Elles apprennent que pour l'âme de leurs spectateurs il vaut mieux deux comprimés de diméthylaminoétyl et de copolymère de méthacrylate dans un verre d'eau  qu’un compromis avec ce qui est admis.
 
Car il y a plus d’O dans leurs histoires. Jouant le duo des nonnes dont le beau cou plaît elles peuvent sortir non seulement en coup de vent de leur couvent et retirer leur coupe-vent pour montrer leurs saints. Jamais appâts rances, leur corps cultive bien des offenses.
 
Capricci 2.jpgAsia Argento, Béatrice Dalle, Margaret Hamilton, Eartha Kitt, Sheryl Lee, Jennifer Jason Leigh, Jeanne Moreau , Rose McGowan, Tilda Swinton, Sean Young offrent des pompes funèbres qui ne peuvent nous lasser. Elles sont devenues les égéries de compressions poétiques et de carambolages humains, ne caressent aucun poil dans le bon sens. Sur le mode convulsif, elles se font l’écho d’un chaos de l’expression, d’une conscience fêlée et de l'underground.  Elles sont les vectrices de la rage et de la lèpre cinématographique par leur aura qui ronge toute étiquette.
 
Jean-Paul Gavard-Perret
 
Thomas Stélandre, "Actrices-Sorcières", Capricci, Paris, parution le 20 janvier 2022, 170 p., 17 E..

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