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03/12/2021

Valentin Magaro : ambiguïtés des bonnes consciences

Magaro.jpgValentin Magaro, "Der gefallene Mann", Galerie Adrian Bleisch, Arbon, du 4 décembre 2021 au 22 janvier 2022.
 
En décembre 2020, un eurodéputé hongrois a été arrêté lors d’une fête à Bruxelles pour le fait que les réunions privées de plus de quatre personnes étaient non conformes à la réglementation en vigueur concernant la situation avec le virus. Le cas aurait pu être anodin mais cette "party" était une fête homosexuelle et l'homme politique un haut représentant du parti conservateur de droite. Considéré dans son pays comme un homme de famille modèle et père la morale,  il fut à la base de la Constitution de 2011 qui restreint en Hongrie les droits des couples de même sexe.
 
magaro 3.jpgL'arrestation a fait pour cette raison effet pétard très orchestré. L'homme politique est devenu une "star" à ses dépens.  Un tel incident révèle l’ambivalence de notre société et l'explosivité des évènements.  Soudain la vie cachée d'un homme est révélée. S'y agrège  la question de la légitimité de son exposition et du ridicule qui y est associé. Valentin Magaro a utilisé ce récit comme point de départ pour une histoire d’images dans le format Leporello dont les pages en accordéon se développe sur 360 cm.
 
Magaro 2.jpgL'artiste toutefois a su proposer une fin alternative à ce récit qui prend ainsi une tournure surprenante dans tout un jeu d'attraction-répulsion par rapport à l'histoire, l'homme, l'homosexualité et leurs traitements dans ce cas précis. Cela donne par l'image un supplément d'ouverture au seuil de l'iconographie gay et sa situation perceptive. Elle  demeure très ambiguë autant que celle du dindon de cette fable. Cela permet de pousser plus loin ce que Magaro a déjà effectué dans un auttre leporello ( avec Thomi Wolfensberger) sur les théories du complot.
 
Jean-Paul Gavard-Perret

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