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21/11/2021

Daniel Canogar : révision de l'obsolescence

Canogar 3.jpgDaniel Canogar, Hidden Tides, Wilde, Bâle,  du 27novembre 2021 au 29 janvier.2022.
 
Le photographe espagnol Daniel Canogar vit et travaille à Madrid et à New York. Il s'est toujours passionné pour  l’histoire technologique des dispositifs optiques  (lanternes magiques, les panoramas, azéotropes, lentilles). Elle l’a inspiré à inventer ses propres appareils de projection. En résultent des sculptures suspendues de type mobile qui projettent des images souvent à grande échelle sur des monuments des villes. Ces oeuvres  deviennent des participants actifs d’une histoire commune (prise de la Bastille et l’effondrement du mur de Berlin, ou encore à des passages frontaliers migratoires actuels).
 
Canogar 2.pngAvec la technologie numérique, Canogar a poursuivi sa reconceptualisation des médias visuels sous forme de sculptures.  Projetant des animations sur des appareils électroniques obsolètes il révèle  métaphoriquement les rêves collectifs piégés et ensevelis  dans  DVD, vieilles calculatrices, consoles de jeux vidé désuètes, films 35 mm. Comme pour les câbles à fibres optiques une décennie plus tôt, il réinvente une technologie existante pour l’adapter à ses explorations artistiques à l'aide de carreaux LED flexibles qui deviennent des écrans torsadés en forme de ruban pour les espaces publiques.
 
La mémoire et sa perte sont les thématiques majeures de l'artiste. Il veut réveiller un présent amnésique, sans texture et plat, dépourvu de perspective. Parcourant les dépotoirs, les centres de recyclage et les marchés aux puces il exhume des technologies vieillissantes qui ont défini notre existence dans un passé pas si lointain. Ce qui est jeté contient un portrait précis de qui nous étions.  Et en projetant des animations vidéos sur ces vieux médias, il tente de rallumer la vie en eux en révélant la mémoire partagée qu’ils contiennent et qui nous revient encore.
 
Jean-Paul Gavard-Perret

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