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02/11/2021

Fabienne Radi autobiographe de Nina Childress

Et9WMeEvKWQ9aB0VIje6OJ (1).jpg«Nina Childress 1081 peintures» et «Autobiographie de Nina Childress» par Fabienne Radi, coédité par l’Ecole nationale supérieure des beaux-arts de Paris, le FRAC Nouvelle-Aquitaine MECA et la Galerie Bernard Jordan, 2021, 752 p. et 248 p.
 
Childress 2.jpgFidèle à son esprit frondeur appuyé toujours sur une solide connaissance de ses sujets Fabienne Radi présente l'autobiographie mais à sa propre main de Nina Childress». Insolente et drôle elle revisite un aspect méconnu d'un art lui-même impertinent et longtemps relégué au rang de mineur. Mais les choses changent. 2021 se termine pour l'artiste par deux livres majeurs : l'un énorme rassemble 1081 de ses peintures, l'autre cette "autobiographie" parfois farcesque -mais pas que - où  Fabienne fait dire à l'artiste ce qui sans elle n'aurait jamais pu être avoué. Preuve que le regard d'une autre perfore certains silences.
 
Childresse.jpgCette  "autobiographie" rappelle comment les galères ont précédé les galeries pour l'artiste doublée ici par son ironique hagiographe. Les succès et les échecs alternent pour Nina Childress. Par l’enseignement (à l'ENSBA de Paris) trouve une assise avant que le Mamco  lui donne une reconnaissance. Dans sa rétrospective montée par Christian Bernard l'artiste s'amuse et trouble par exemple avec Sissi, Hedy Lamarr - autre impératrice - et divers tableaux . Le succès de l'exposition va  lui ouvrir des portes. Le Musée d’art moderne de la Ville de Paris lui achète trois grands tableaux. Ils jouent de l’imagerie populaire fidèle à la créatrice à travers Sylvie Vartan, France Gall et Jane Birkin.
 
Childress 3.jpgAvant il y aura eu le période Punk, la musique puis l'arrimage à une peinture à l'envers des glus stylistiques de l'époque. La boulimique méprise le concept et la théorie. Et la voici embarquée dans des aventures souvent sans lendemain auprès de  "Ripoulin", puis "Présence Panchounette". Dans ces conglomérats  la toujours jeune artiste développe une iconologie populaire où les nains de jardin ne sont pas oubliés. Elle sait qu'elle va dans le "juste" même si elle essuie plus de refus que des plâtres qui l'ouvriraient à la notoriété.  Mais Fabienne Radi donne tout le relief à ce parcours apparemment "non éduqué" et où l'artiste n'adresse des reproches qu'à elle-même dans un monde où le tout à l'égo remplace l'endurance et la patience. L'insolence de Fabienne Radi va comme un gant  à celle qui ne cesse de retourner dans son oeuvre.
 
Jean-Paul Gavard-Perret

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