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28/10/2021

Marie-Claude Gardel : présences in absentia

Gaedel.jpgMarie-Claude Gardel, "Estampes", CAB, Vevey, 9 otobre 2021 au 28 janvier 2022.
 
A travers ses estampes qu'elle qualifie d'"improbables", Marie-Claude Gardel  interroge les conditions d’existence de la représentation, ses chances de survie et son point de rupture. Chaque estampe est dépouillée de tout élément décoratif pour laisser surgir une sorte d'essence première qui hypnotise en retour d'une sorte d'état primitif presque organique.
 
Ne subsistent que des plans comme oxydés ou ravagés. Cela contribue à établir une inscription dont l’élucidation tourne à un presque effacement en d’étranges transferts. L'abstraction prend ici un sens particulier : elle est plus tellurique que mystique. Tout se joue entre une masse confuse et les signes qui s’en dégagent.
 
Gaedel 2.jpgLe travail consiste à rendre une absence présente, une présence absente en ce qui  s’efface et ce qui s’inscrit. D’où ce jeu entre proximité et éloignement.  Ce qui corrode et émiette les surfaces les renforce. Car ce qui subsiste n’ouvre en rien sur une évidence comme si tout se refusait à s’articuler dans un espace compréhensible. Chaque estampe nous "parle" par l'errance que Marie-Claude Gardel programme et invente.
 
Jean-Paul Gavard-Perret

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