gruyeresuisse

21/10/2021

Qui leurre

Cauda Bon.jpgFidèle non seulement à sa réputation mais à ses conquêtes,  Killer reste étalon d'or de l'empire des sens. Il se cache sous le Gilles de Watteau mais file bien vite dans les bals de Toulouse-Lautrec. Il a beau citer Juliette Greco : voilà déjà des Vénus. Il botte celles-ci. Et dès que pointent le bout de leurs seins surgit celui du promontoire du fier goéland. Histoire d'ébranler l'âme à tiers quand sonne le gland. Ce pourrait être l'image du paradis si sur les lunes le soleil n'était pas si plombant. Néanmoins les unions sont toujours libres sur les crêtes et pentes où débaroule le parfum exotique Bourjois avec un J comme joie. S'y scénarisent des maïeutiques entre mésanges charbonnières et l'oiseau noir d'un ciel à la van gogue. Il erre en attendant que le soir s'asseye sur le bord du chemin. Mais quand la lune sort sa circonférence, se transgressent bien des cadastres. Cauda 2.jpgDes poux monts s'élancent fiers plus loin que la nuit.  Restent en conséquence bien des flammes qui brûlent là où dansent cuisses et popotins. De quoi faire du Killer un Charlie Gaule - moins luxembourgeois que coureur - dans des sillons pas forcément alpins pour grimper les cols de l'utérus ouverts hiver comme été. Les dames en leur toupet textile impriment de pli en pli  des phrasés souples sur leurs poitrines.  Il les chérit de ses voeux  sous velours ou satin, file en  leur Q.G. dont il devine à tout coup le  point G. Elles ne sont pas forcément précieuses. Et qu'importe les ridicules :  jouisseuses elles deviennent  les plus convenables des partenaires.  En tapinois il attend louves, renardes, agnelles mais aussi des dames dites de joie dont il ne se prive pas.  Elles défilent pour tous les impairs à commettre en diverses ratières et version juxtalinéaire afin que l'Ulysse ne soit pas amputé de son odyssée.  Bref le flibustier des bustiers  file du mauvais coton comme du plus que parfait sur les jambons que des résilles qui bâillonnent. Cette pratique d'une bijection et d'une communauté plus ou moins inavouable oblige tout dessous chic  à tomber comme un cadavre sur un parquet ciré. Et cela ne date pas d'hier. Dès l’âge de onze ans il fit d’une de ses conscrites sa première si reine dont il  releva le feston jusqu'à découvrir deux petites fesses à la peau penhélienne et rose thon.  Cauda.jpgDepuis, il ne s’économise jamais.  Qu’importe le flacon pourvu qu’il ait la Suissesse.  Ce n'est certes pas très dans l'air du temps. Mais qu'importe  :  prenant son combi VW, autant en emporte le van car pour Killer chaque jour est Noël (mais après chaque fête il retire le sapin et remise les boules.) "Tu n'as pas fait que sucer ton pouce pendant que tu y étais." disent des bavardes ,  "Je n'ai rien vu venir il neigeait" répond l'agneau de prés salés et consentant lécheur de voie lactée.  Tombée au fond du puits son âme reste en équilibre sur une jarretière.  Dès son arrivée , des femmes merveilleusement vieilles la mettent sur leur mont de piété. L'hexamètre reprend alors ses pieds et ne possède qu'une anacrouse à faire expier en emboîtant des vies parallèles et superposées. 
 
Jean-Paul Gavard-Perret
 
Oeuvres de Jacques Cauda, peintre, poète et chasseur de taies.
 

Les commentaires sont fermés.