gruyeresuisse

20/10/2021

Par le chas des genèses - Nathalie Perrin

Nathalie Perrin.jpgNathalie Perrin, "Traversées", Galerie Heinzer-Reszler, Lausanne, du 29 octobre au 4 décembre 2021
 
Nathalie Perrin dessine des schémas hirsutes, échevelés qui lui permettent de référencer et d'assembler un réseau de  citations, noms d’artistes, titres de livres et de films. Existe là une sorte de savoir sous formes de pense-bête visuel qui traduit une dynamique de la création et de la pensée. C'est aussi le moyen de mettre en oeuvre un travail avec celles et ceux qui comptent pour elle et l'affectent.
 
 
Perrin 2.jpgDe tels ensembles fascinent par ce qu'ils déclenchent différents types de désir de voir, de connaître, de repousser des limites. Ce que l'artiste dessine devient par effet de surface un lieu intime et mental où se produit ces diverses connexions là même où l'inconscient s'en empare pour les faire rejaillir dans une sorte de non contrôle. Chaque oeuvre devient la carte d'un parcours secret loin d'un simple affichage. L'oeuvre devient la visibilité d'une lutte intestine entre le moi, sa clarté, son rapport aux autres mais aussi et surtout avec son inconscient.  Chaque création de l'artiste en devient  "l'âme à tiers" dans des gammes de couleur cyan et bien d'autres encore.
 
Perrin 3.jpgLes oeuvres sont donc bien des traversées de l'inconscient, de ce qui émeut la créatrice, la pousse  à la réflexion là où l'esthétique rattrape par la queue le désir et ses complexions multiples.  C'est le jeu d'une sorte de volupté cérébrale mais qui déborde entre les notations informatives et une sorte de folie rebelle. Par la danse des signes la créatrice devient funambule là où le réel se découvre  non par de simples images mais des mots-images. Ces traces de données immédiates de la conscience créent une approche de fond par effet de bandes où se superposent diverses unions.
 

Jean-Paul Gavard-Perret

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