gruyeresuisse

09/10/2021

Entre angoisse et jouissance - Sarah Battaglia

Battaglia 3.jpegSarah Battaglia sait maintenir son travail sur un fil ténu dans une dialectique entre le montré et le caché. Elle trouve le moyen de perturber toute tangibilité afin de créer une tension, une attention nouvelles. Par son œil, sa technique et son idée de la femme, l’artiste enfante chaque image dans le diaphane et fait de chacune de ses oeuvres une épreuve exemplaire de lumière. Toute pièce (dessin, sculpture, peintures, installations) fomente un point d’ouverture inédit. Dans les glissements ce ne sont pas les fantasmes conscients ou inconscients qui opèrent mais un engendrement de différents types de transparence et de cadrage.
 
Battaglia 2.jpgPar la récupération d'éléments organiques ses collages et dessins  scrutent d'une part les liens de l'inerte et du vivant et de l'autre l'envol des oiseaux. Se crée une mise en scène lascive faite d’abandon et de retenue. Tout se saisit à travers le suggéré et le traitement particulier des volumes au sein de techniques plastiques des plus fines mais solides. A la recherche de l’harmonie l'artiste décline des suites de secondes et de tierces afin d’embrasser du regard ce qui plutôt que de se montrer garde son mystère.
 
Battaglia.jpgNon pas sur le motif mais dedans. Ce n’est plus la femme qui montre son intimité c’est la peinture qui devient intime. D’où la fascination qu’elle suscite. Émerge une plastique décalée qui invite à pénétrer  dans un continent qui n'appartient peut-être qu'à la féminité. Sans la moindre exhibition triviale surgit le plus profond, le plus caché. Et d’une certaine façon le plus sacré : « intima spelunca in intimo sacrario » disaient déjà les Florentins.
 
Jean-Paul Gavard-Perret
 
"Présence Volatile",  l'Espace Enchanté, Domaine de Rovorée à Yvoire en duo avec Yuki Aruga jusqu'au 26 novembre 2021, "La montée des os", Galerie du Tournant, Aiguebelette (Savoie) jusqu'au 17 octobre 2021.

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