gruyeresuisse

09/10/2021

Enfants dos

pecheur.jpgEntendez les choses qu'on dit sales selon nos bons prêtres mais qui  ne s'en privèrent pas avec le saint prétexte de prendre soin de notre âme  sous les mimosas du petit bois de pins. Beaucoup d’écorces et de rameaux morts prouvaient qu'il s'en passait de belles en ces futaies. Et à n'en pas douter les résineux qui savent observer de près la réalité ne firent pas que spéculer sur ce que nos prélats faisait subir aux naïfs que nous fûmes fagots cités par les soutanes dont les cheveux blanchâtres rappelaient la couleur de coquilles d’huîtres. De loin le jardinier de presbytère nous observait cigarillo aux lèvres et short banalement kaki. Ses cannes poilues n'étaient pas de celles que les ecclésiastiques appréciaient car elles manquaient de sucre. Et il les offrait au soleil  sur un fauteuil d’osier sans le moindre égard à ceux qui jouant les grandes coquettes étaient les maîtres des turpitudes. Sans le moindre complexe ils décroisaient  épicuriennement leurs mains. Exit la prière :  ils les passaient sans fausse pudeur d'abord par les trous aux aisselles de nos petits pulls marines. Du regard de la Vierge Marie - selon eux absurdement soucieuse -  ils ne redoutaient pas le tonnerre puisque qui s’en pourrit la tête ne jouissait de rien. Pas question de se bourrer le mou de métaphysique.  Et c'est ainsi que les petits anges au front timide se laissèrent abuser en hommage à Dieu. Aux gamins dégoulinants les plus attentionnés charognes demandaient les yeux plissant de rigolade  : "Tu veux un mouchoir  pour t'essuyer ?" A chacun ensuite de chercher un bout de savon noir pour se récurer plus à fond et un Coca afin de se rincer la bouche. Mais comment dès lors filer très loin pour que chante le si d'un jour au oui ? Comment trouver des ex-ils loin des émanations sordides du bloc sémantique de la pédophilie paradante ? Pas de place ici pour le détail analytique. Les mots qui viennent sont d'abord : vengeance, violence et meurtre. Car on s'accordera à l’unanimité sur ce point crucial : se venger ce n'est pas que moucher son nez de larmoies. Il ne suffit pas de dauber sur ces amateurs du mirliton. Le mot même d'horreur s’étire là-dedans. A la brutalité de la horde sacré certains voulurent que soit accordée une sorte d'aménité conviviale et d'amnésie collective. Nous étions venus vers eux pour tremper non leur biscuit mais notre âme : nous n'eûmes qu'à souffrir de la tension impensable dont se banda le plaisir des salopards.

Jean-Paul Gavard-Perret

11:27 Publié dans Humour, Lettres | Lien permanent | Commentaires (0)

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