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06/10/2021

Le Toton

totn 2.jpgSolitaire l'existence rappelle la vie avant le jour  et avant le langage. Il convient donc de parcourir son plan, entrer dans l’épaisseur où le diable se débat avec un peu d’hérésie. Mais où aller sinon dans une aire de jeu à la circonférence devenue translucide ? Le plan animal ou humain sera donc toujours divisé en deux parties. La seconde grossièrement identique à la première. Pli d’espace et bourrelets de temps. Bobine écrasée plus que sous-virée - et moins selon les principes freudiens que ceux de Chardin. Deux parties qui sont  dans le même écart. Le retour de l’angle mort reste donc la seule géométrie valable. Si bien que si s'y croise, impératrice, une femme en espadrilles blanches entre la Giudecca et une souche brûlée. Bref l'espace reste une énigme. C'est une aporie, une lune en négatif de la mer en germination. Toton qui s’en dédit.Totn.jpg La phrase y disparaît, car dès le premier  matin s'il y a eu beaucoup de temps, combien de clôtures pour si peu de réelles naissances ?  Demeure au mieux une perle blanche sur un cocon noir.  Il faut mieux dormir d'un autre jour. Ici est la séparation des êtres. Le soyeux et l'artificiel sont étouffés par tout ce qui t'étrangle. Longuement les fêlures, les regards. Rai de lumière, nappe cendrée des choses.  Tel demeure, ici, le silence. Instants du monde où le monde en un point singulier se cherche et se concentre. Nous ne sommes rien, à personne, personne n'est rien ni au jour ni à la nuit.  Aucune sentinelle ne peut y respirer. Un ange est passé dans la forêt où nous nous étions garés. Lieu seulement lieu.  Figures qui ne se portent bien que jointes. Leur chute fait son chemin dans le jeu des miroirs. Oui nous brûlons encore : mais de quel feu et de quel bois ?   L’absence s’y conjugue, ouvre insidieusement, encense.
 
Jean-Paul Gavard-Perret
 
(Photo Natacha Lesueur)

10:19 Publié dans Humour, Lettres | Lien permanent | Commentaires (0)

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