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30/09/2021

Les évaluations affectives d'Eva Zornio

Zornio 3.jpgEva Zornio, 'Life lives in gaps / La vie vit dans les vides, (avec Eve Chariatte, Axelle Stiefel et Anaïs Wenger), E.A.C. Les Halles, Porrentruy, du 4 octobre au 28 novembre 2021.

 
Zornio.jpgEva Zornio a créé "affective evaluation" (Æ) en 2018. "Entité fictionnelle et fonctionnelle à géométrie variable", Æ enquête sur les relations  biologiques, sociales, politiques, philosophiques, affectives et fonctionne selon un mode basé sur des notions de performativité et d’interaction. Le tout fondé sur différents dispositifs : la start-up techno scientifique, l’unité de recherche en science affective, le centre de soin ou encore l’accueil des publics dans les institutions culturelles.
 
 
Zornio 4.jpgDéveloppant le champs des sciences affectives et afin de connaître les possibilités du corps, cette exposition permet d'interroger de quelle manière s'appréhende une oeuvre d’art, comment l'expérience esthétique est liée aux affects et de voir s'il est possible d'en mesurer la trace physiologique par la plasticité. Plusieurs travaux ont déjà été menés, dont notamment l’"Etude sur l’empathie" à la Fondation Ricard en 2019. Avant de pénétrer dans l’exposition, les visiteurs étaient invités à répondre à un questionnaire afin d’appréhender les œuvres à venir. Analysées, les données récoltées ont ensuite été transformées.
 
 
Zornio 2.jpgPour la première exposition solo de la créatrice,  elles apparaissent sous la forme de graphiques dépouillés de toute légende. Imprimés sur de grande plaques transparentes, leur matérialisation semble hésiter entre big data et peinture minimale. En une telle mise en scène ce qui constitue des indices d’expériences passées : un fauteuil à bascule démesuré, un portrait de l’artiste en Directrice exécutive. Ce mobilier déplacé de travers révèle les accidents, les aberrations et les déséquilibres qui sont généralement oblitérés lorsque les discours et faits scientifiques sont rendus publics afin d’être "fonctionnalisés" et normalisés.
 

Jean-Paul Gavard-Perret

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