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29/09/2021

Tony Conrad : surveiller et punir

Conrad.jpgTony Conrad (1940-2016) par la musique, cinéma, vidéo, peinture, enseignement ou encore média-activisme, interroge institutions et codes culturels normatifs et autoritaires en maniant cadrage,  montage,  perspective.  Existe là une critique et offensive radicale pleine d’humour qui échappe à toute classification et ce,  depuis le début des années soixante.
 
Conrad 2.jpgPeu connu du grand public Tony Conrad s'est voulu  comme antithèse des positions de Andy Warhol qui avait dit « qu’à l'avenir, chacun aura droit à 15 minutes de célébrité mondiale ». Il commença dans le collectif musical Theater of Eternal Music qui réunissait  La Monte Young, Marian Zazeela, Angus MacLise et John Cale du Velvet Underground. Mais très vite il s'en éloigne pour explorer le champ du cinéma expérimental. Avec l’humour qui le caractérise, il poursuivit sa réflexion sur l filmique en faisant subir aux pellicules de celluloïd vierges diverses « cuisines » : frits, cuits, marinés ou en Sukiyaki, etc.
 
Conrad 3.jpgEn parallèle, sa série des "Yellow Movies" (1972-1973) lui permit de faire converger son obsession pour l’expérience de la longue durée et ses expérimentations cinématographiques. Ces grands aplats de peinture à la laque blanche bon marché sur papier et aux proportions d’écrans de cinéma sont destinés à jaunir avec le temps et considérés par l’artiste comme des « films » au potentiel de durée infinie. Il s'est engagé ensuite dans une critique des médias dans un esprit d’activisme social. Puis il se lance dans une forme d’unification et de relecture de la totalité de son propre travail. Il donne des concerts ou des conférences dans le monde entier, redimensionne d’anciens travaux tout en s’engageant dans différentes nouvelles séries d’œuvres. L’exposition du MAMCO se propose de retracer ce parcours d’activisme exceptionnel.
 
Jean-Paul Gavard-Perret
 
Tony Conrad, Exposition, MAMCO Genève, du 6 octobre 2021 au 30 janvier 2022.

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