gruyeresuisse

18/09/2021

La rêverie du promeneur solitaire

Promeneur.jpgDebout, tu manges ton sandwich à saveur d'air et de poussière. Et tu médites en regardant tes mains. Tu t'abrites du vent, près du rêve. Tu le pries en procession secrète. Parallèlement au mur du cimetière tu abandonnes ton âme à la décoration - hormis la joie en garde-fou.
 
Semi-voyage dans la presque campagne qui commence à ce lieu précis. Ta romance aussi. Oublier, parapher le visible qui cogne. Douleur prend l'espace mais tient le monde en respect. L'esprit vacant est comme un revolver à portée de la main pour  le coup de dés final sur le vivant.
 
Tu disparais laissant ton lignage dans un virage étourdi. Là ton savoir mécanique. Et nuage dont le râble ankylose les étamines de ton col chic. Vivre à l'envers, tancer. La glaise est belle façonnée de reliefs d'émotion et de lichen. Tu agis toujours de même, tu courbes le dos. Tes jambes se dérobent : tendrement tu goûtes le sol. De tes dents tu tonds les herbes.  Leur émail est émeraude plus que diamant.

Jean-Paul Gavard-Perret

09:33 Publié dans Humour, Lettres | Lien permanent | Commentaires (0)

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