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09/09/2021

Barbara Polla, merveilleuse émerveillée - autoportrait de la "mateuse"

Polla.jpgBarbara Polla & Julien Serve, "L'art est une fête", Slatkine, Genève, 2021, 240 p..
 
Barbara Polla n'aimerait sans doute pas qu'on nomme pompeusement "mémoires" ses propos à bâtons rompus sur l'art, le métier de galeriste et de curatrice au sein de ses "polyamours" de vie et d'art. Pas n'importe lequel : celui qui rentre dans sa galerie et en elle. Vidéo, photographie, sculptures, peintures sont pour elle une manière de pénétrer en symbiose et en profondeur avec des recherches esthétiques  qui proposent une jouissance.
 
Polla 2.jpgSurgit donc le portait d'une "mateuse" d'exception dont le "je" est allègre, drôle, pertinent. Dans sa vocation au plaisir de voir et de vivre, Barbara Polla laisse les griefs aux pisse-froid. Elle préfère s'intéresser à ce qui la fait vibrer dans ces laboratoires de vie et d'inspiration que sont Paris, Genève et sa galerie Analix Forever . Celle qui est aussi médecin, écrivain, poète y défend un art qui permet de nous emmener plus loin pour interpréter le monde.
 
Polla 3.jpgUne incandescence anime de tels propos. Nous suivons l'auteure dans sa quête de la beauté plastique quel qu'en soit le support. Elle y parle de ses rencontres et amitiés : Paul Ardenne, Magda Danysz, Dominique Fiat et tant d'autres dont Julien Serve. Il devient son partenaire plastique en ce livre passionnant et léger mais qui sait cultiver la nostalgie et la gravité pour évoquer des disparus. Se découvrent aussi une pléiade d'artistes tels que Joana Hadjithomas & Khalil Joreige, Robert Montgomery, mounir fatmi, Frank Smith
et bien d'autres. Partout l'engagement politique et social  comme l'érotisme ou le féminisme sont présents chez celles et ceux qui osent offrir des corps que le sexe transcende. L'auteure apparaît dans une prise de parole viscérale et ailée. Tout est histoires d'amitiés et de passions dévorantes  là où l'art défendu par Barbara Polla traverse des limites. L'écriture devient le double indispensable à des imageries plus que nécessaires.
 

Jean-Paul Gavard-Perret

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