gruyeresuisse

24/08/2021

Jean-Luc Godard : cinéma et littérature

Godard.jpgIl y a belle lurette que le cinéma ne reçoit plus le réel. Même dans le documentaire il se scénarise en objet sous ordre d'un "sujet" pouvoir ou finance.  C'est pourquoi JLG est toujours sorti d'un cinéma comme "une prostituée qui défend son honneur en disant : pas sur la bouche". Et cela dès 1965 où il commence à créer sa propre structure de production. Dès lors : que défend Godard ? Il répond "j'en sais rien mais c'est pour cela que je fais des films". Ses "histoires" du cinéma fascinent sans doute pour ça là où tout s'est fait peu à peu "philosophiquement" dit-il.
 
Godard 3.jpgPour lui le vrai cinéaste est un homme de lettre (en parie) et un animal. Il répond aux attaques des prédateurs en ayant toujours souci de s'évader pour refaire le cinéma, parfois sans scénario car pour JLG souvent le scénario est l'ennemi du cinéma. Ce qui crée un bémol nécessaire entre littérature et cinéma. Le scénario dans sa dictature s'éloigne de l'image. Il faut donc revenir à Niepce et aux frères Lumières pour laisser libre l'image non néanmoins sans mise en scène.
 
Godard 2.jpgPour JLG dans le cinéma existe aussi de la peinture : abstraite (Mondrian) mais sans que la littérature s'en empare au moment où dans sa vieillesse l'artiste s'intéresse à l'électronique et le relief comme si pour lui ce qu'il aimait était que l'écran ne soit plus plat. Il faut donc mettre des bémols à la "littératurisation" du cinéma. Sinon à savoir comment se fabrique l'écriture non dans la tête mais à travers les machines qui  la produisent parce que  JLG veut avoir "le dernier mot".
 
Godard 4.jpgFace à une critique qui ne parle plus du cinéma mais qui ne fait que donner son avis, JLG crée pour justement reparler du cinéma. Et aussi de l'amour qui reste sous-jacent à son oeuvre. Elle remonte à l'enfance. Mais  il n'en parle jamais. Il en fait des images. Impressionnistes et belles :  "One plus One" ou ses dernières expérimentations dont "Eloge de l'amour" et "Livre d'images". Pour l'enfance  il faut toujours revenir au "France, tour, détour, deux enfants ". Personne n'a fait mieux. Là où plus que jamais son cinéma privilégia le filmique au scénario qui souvent n'a rien à dire que "de la littérature pour écran".
 
Jean-Paul Gavard-Perret

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