gruyeresuisse

22/08/2021

Lémanique - Mary Shelley

Shelley 2.jpgTu ouvres la fenêtre. Du bout des lèvres tu happes la lune. Tu la laisses fondre sous la langue avant de manger la nuit. Elle envahit ta bouche qui bondit de remous secret. Tu n'oublies pas de recracher les étoiles. Puis tu fais ta prière : "Que vienne la relève des nouveaux dieux barbares qui marqueront nos lèvres d'une sève profane". Feu, averse, traversée de l'entre-deux mondes. Tu sens la force des sillons, la chaleur des ventres, la rougeur organique des flux et de la peur.
Shelley.jpgTu restes l'enfant romantique qui veut plaire et qui chantait des airs dont le parfum te faisait pleurer lorsque étaient murmurés les mots "Déjeuner en paix". Tu es capable  d'ouvrir, d'accueillir, de fondre à un tel appel. L'amour est pour toi le mot mouillé de croissants et d'insolence. Quand il y en a plus tu en veux encore. Tu es la sirène qui se coule dans le courant d'une nappe blanche. Tu trouves la paix sur les ailes d'un délire bleu. Ton sourire s'étire comme un chat. L'œil vif. Du sucre sur tes lèvres.
 
Jean-Paul Gavard-Perret

14:47 Publié dans Culture, Femmes | Lien permanent | Commentaires (0)

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