gruyeresuisse

28/07/2021

Michel Butor : révélations

Butor.jpgEntre 1951 et 1961, Michel Butor réalise près de 2000 photographies en noir et blanc avec un appareil Semflex, une version française du Rolleiflex. Son désir de photographier prit naissance à la suite d’un long séjour en Egypte. Il commence d'ailleurs par photographier une étude des témoignages parisiens sur le Bonaparte du retour d’Egypte.

 

 

Butor 2.jpgMichel Butor ne recadre pas ses photographies, il cherche moins à fixer des souvenirs qu'à inventer un théâtre personnel au moment où il se fond dans le paysage. L'image lui permet d’explorer ce qui sans elle ne pourrait être vu. Mais l'auteur fut aussi le compagnon de bien des photographes :  Robert Doisneau en 1958 au moment du prix Renaudot pour  "la Modification" et surtout Maxime Godard qui devint son portraitiste et réalisa plus de 18 000 photographies du poète pour arriver à un dépouillement voulu. 

Butor 3.jpgL'auteur créa des textes d'accompagnement pour leurs oeuvres. Il y eut entre autres Eric Coisel qui publia et édita avec lui plusieurs livres ou Philippe Colignon pour lequel Butor écrivit "L’humus inscrit”. Ces travaux sont visibles parmi les 250 pièces exposées. Ajoutons que Michel Butor a développé une réflexion très personnelle sur l’art de la photographie. Entre  essai,  poème ou prose poétique sur le monochrome, la philosophie du Polaroïd par exemple, il trouva bien des formules pour engendrer la lumière.

Jean-Paul Gavard-Perret

Michel Butor : “La photographie est une fenêtre”, Archipel Butor, Lucinges, du 26 juin au 27 novembre 2021.

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