gruyeresuisse

24/07/2021

Petite fabrique du syncrétisme : Namsa Leuba

Neuba 3.jpgIssue d’une double culture occidentale et africaine, par son père suisse et sa mère guinéenne, Namsa Leuba fait dialoguer la cosmogonie africaine avec ses origines. Pour se rapprocher de la culture maternelle en 2011  en Guinée-elle participe à des cérémonies et des rituels religieux. Cette expérience est déterminante. Elle est la source de son projet "Ya Kala Ben". Ces premières approches la poussent à aller géographiquement et intellectuellement plus loin - en Afrique du Sud par exemple - et à étudier et mettre en images des mécanismes de syncrétisme.

 
Neuba.jpgAvec "Inyakanyaka" (trouble » en zoulou), elle désacralise les fétiches et leur charge mystique en les figeant dans une construction occidentale.  Tous ces travaux sont une manière d’interroger l’ambiguïté de l’ethnocentrisme, et de faire converger cultures africaine et occidentale. Le tout à travers  un récit culturel que la photographie incarne en un dialogue entre l’identité africaine et le regard occidental. Elle ménage un équilibre là où la présence humaine devient ambiguë et selon divers projets personnels ou commerciaux.
 
Neuba 2.jpgL’expérience sensible de la photographe "dévisage". Elle reste un acte plus de foi plus que de la raison. Mais une foi non dans la religion : dans l’art. L'artiste envisage la plénitude de vie de l'image contre le vide du langage. Toutefois elle va encore plus loin : pour elle, l'obscur et la clarté restent insécables. L’artiste ne veut donc en aucun cas chasser la prétendue  animalité de la nuit noire pour la remplacer par la majesté du Dieu occident. Elle joue de l’entre deux en refusant fusion ou confusion.
 

Jean-Paul Gavard-Perret

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