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21/01/2021

Attention travaux - Yvan Salomone

Salomone.jpgYvan Salomone, aquarelles, Galerie Sonia Zannettacci, Genève, janvier 2021
 
Témoin éveillé des cauchemars du temps et de l'histoire, Yvan Salomone peint depuis 30 ans des aquarelles au format identique (105 x 145 cm) qui devient "une contrainte nécessaire au développement réactif" précise le créateur. Elles sont donc suffisamment vastes pour permettre la création de paysages industriels et portuaires, des zones architecturales désertes. La couleur fluidifiée donne à la rudesse du réel une vision non moins âpre mais plus générale.
 
Salomone 2.jpgDe tels lieux et zones se sont imposés progressivement comme - dit - mirage et hiatus théâtral.  Là où les couleurs proposent une distanciation par rapport à une esthétique naturaliste. Elles "jouent la comédie" écrit l'artiste. D'autant que les représentations architecturales sont toujours des fictions. Les personnages en disparaissent pour ne laisser visibles que les objets et les structures créées par l'homme par-dessus la nature. Néanmoins cette dissociation par rapport à la réalité se fonde sur tout un travail d'observation comparable à celui qu'il effectua pendant sa traversée de 42 jours de l'Atlantique en "flottant au-dessus du grondement de l’océan combattant celui constant des machines" et dont il tira un film.
 
yvan-salomone_portrai.jpegYvan Salomone est donc le dramaturge d'un théâtre bien à lui. Le titre de chaque oeuvre est invariablement composé de onze lettres ("Seelen drama, "plus ou moins", Belfontaine", etc. ) dans le but d'achever chaque aquarelle en une "ultime condensation avant l’impact suivant." Là où le culte rendu aux constructions devient une palingénésie de l'art en renversant celle du monde.
 
Jean-Paul Gavard-Perret

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