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18/01/2021

Femmes sous confinement  - Barbara Polla et ses soeurs

Polla bon.jpgBarbara Polla et collectif, "Équinoxe - Souvenirs d'un printemps confiné", Pan des Muses, Éditions de la SIÉFÉGP, Grenoble, Décembre 2020.

 
La 9ème Nuit de la Poésie selon Barbara Polla - "Equinoxe - devait avoir lieu la nuit du 21 au 22 mars 2020 à la Fondation Thalie de Bruxelles. Elle a été reportée. Mais la poésie d'un tel projet suit son cours. Pour preuve ce recueil. Il doit beaucoup à son initiatrice et à Nathalie Guiot. Les textes d'Equinoxe donnent voix aux femmes  en un cercle des poétesses (une vingtaine) (ré)apparues au sein même du confinement. Ce fut après tout et contre toute attente, comme l'écrit Nathalie Guiot, une période "refuge / calice / de nos reines / au pouvoir d'émerveillement'" dont elle- même fait partie.
 
Polla bon 2.jpgEt Barbara Polla de rappeler les enjeux d'un tel temps d'enfermement :  "C’était là où le jour rejoint la nuit / C’était une ouverture /Une lecture une charrue / Une nuit au bout de la nuit /  C’était des mots/ C’était la nudité / Pour flotter sur le dos / Aux heures les plus perdues". Dans cet espace-temps bien des choses se sont passées et furent dites. L'amour en fait partie. Contre la peur manipulée, cajolée pour hypocritement rassurer. Mais  Barbara Polla et ses soeurs ne furent pas dupes.
 
Polla 2.jpgElles s'inscrivent en faux face au confinement à travers  des poésies descriptives, évocatoires, lyriques et conceptuelles. Nikias Imhoof se rapproche du minimalisme beckettien :  "Quand la voix / Quand la voix doit sortir / Quand comprimée la voix doit sortir /La voix se doit / Quand". Elya Verdal et Virginie Procureur dans une correspondance "A fleur de peau" créent des lettres d'amour qui ne s'écrivent pas, Christine Guinard préfère le conte et Oriane Castel, des histoires de peinture. Celle-ci acquiert des couches purpurines et équivoques. Avec Chloé Arrouy la substance poétique file vers des visions ironiquement numériques  - "Cmt empêcher les étoiles de mourir". Toutes ces histoires sont des moyens pour savoir quoi faire de sa vie et de son temps. Il y eut en ces périodes (non finies) des "nuits lupiques /Des rimes et des non-dits" (Barbara Polla). Reste une vie de printemps et l'amour, l'amour, l'amour. Preuve diront certains que c'est bien un livre de femmes. Elles nous séduisent par leur profondeur et charme en écriture.
 

Jean-Paul Gavard-Perret

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