gruyeresuisse

24/12/2020

Ella Walker et les portraits énigmes


Ella.jpgElla Walker mélange les cultures, leurs mythes et les systèmes de représentation. Son travail devient une méditation et une exaltation unissant un mouvement de dilatation à celui de la concentration. Se lient l’infime le spectaculaire et le spéculaire dans un post expressionnisme  et surréaliste - jusqu’au leurre de tout effet de remise figurale. C’est en cela que son oeuvre fascine  puisqu’elle réunit les contraires en une harmonie où il s’agit de s’abîmer dans une extase ambiguë.

Ella 2.jpgSurgit un  espace particulier où le voyeur recherche plus son âme qu'un réservoir de fantasmes. Ella Walker fait en ce sens, du spectateur, un "névrosé" d'un genre particulier. Ma névrose est ici non pathologique mais saine. Loin d'une signification incestueuse à la jouissance de l’Autre, le regardant que façonne l'artiste se met " dans la conséquence de la perte"  selon la formule de Lacan à travers des images qui signalent l’inconsistance, l’inexistence du monde tant leur signifiant devient équivoque. 
Ella 3.jpgMais cette vision d'œuvres désamorcées de leur sens premier permet d'en jouir mentalement et dans l’imaginaire,  puisque ces images détournées sont tout à fait réelles et possèdent des effets de réel perverti. Nous pouvons  parler à propos de telles œuvres de  "disapparition" (selon la formule de N.J. Woo) au coeur d'une écriture plastique qui  fait  des images que nous connaissons des figurations "inconsistantes". L'oeuvre fait de l'univers de la représentation traditionnelle une marge ou un hors-lieu. L'imaginaire s’accordant au réel de la jouissance, l'écarte d'une jouissance du réel tel qu'habituellement il est donné à voir.

Jean-Paul Gavard-Perret

Ellla Walker, Huxley Parlour, Londres.

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