gruyeresuisse

23/12/2020

Du pain sur la planche - Katharina Ziemke

Ziemke.pngAvec comme incipit "On ne fait jamais attention à ce qui a été fait ; on ne voit que ce qui reste à faire." (Marie Curie), la deuxième exposition de Katharina Ziemke à la galerie Isabelle Gounod fait dialoguer deux séries : des paysages ravagés par les bouleversements climatiques (ils font suite à sa série "Storm"), selon une vision romantique et critique superbement "jouée" et une série de portraits de femmes scientifiques du XXème siècle effacées des tablettes de la reconnaissance par leurs pairs.

Ziemke2.pngDans les deux cas la créatrice, plutôt que de jouer des manichéïsmes manie nos liens au progrès. Elle prouve que l'évolution du monde pose la question de la responsabilité de tous les êtres : "Ces femmes ont peut-être contribué, elles aussi, à l’exploitation de la nature, mais cela n’empêche pas de constater qu’on leur a fait grand tort, comme on a fait grand tort à la nature" écrit Katharina Ziemke. Le tout dans un caractère d'urgence mais auquel l'artiste donne un recul poétique prégnant.

Ziemke 3.pngBien des paradoxes sont exposés dans ces deux corpus. Ils se répondent autant par leur thématique que par l'approche picturale au couleurs vives et aux narrations intempestives. Tout est construit afin que le regardeur s'interroge par ses recherches sur la complexité du monde, ses valeurs et schèmes de représentation là où demeurent toujours certains détails qui ne seremarquent pas tout de suite mais qui soudain sautent aux yeux.

Jean-Paul Gavard-Perret.

Katharina Ziemke, "Ce qui reste à faire", Galerie Isabelle Gounod, du 13 février au 13 mars 2021

 

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