gruyeresuisse

13/11/2020

Triangulation des hallucinations : Audrey Piguet

Piguet.jpgLes photographies d'Audrey Piguet sont des empreintes qui changent l’œil en signal. Le regard glisse à travers les interstices, les épaisseurs par la magie de la lumière dans un univers de science-fiction parfois délétère mais le plus souvent grandiose. Car si certains personnages tirés de l'imagerie populaire des super héro(ïne)s sont fatigués, les monstresses et monstres que créent l'artiste triomphent.

Piguet 2.jpgIls peuvent souligner la marque du manque, mais face à l'horizon ils témoignent de leur gloire. La présence - transformée en artifice - est là pour séduire, capter et déjouer l'imaginaire du regardeur. Il devient le témoin inquiet d’un mystère. Le tout par des postures où l’artifice est incarné. La créatrice transforme l’illusion en extase. Elle ouvre les yeux du voyeur qui, croyant rêver se réveille. Si bien que le luxe de la parure des femmes se prête au prélude d'une prolifération de métaphores voire de fantasmes.

Piguet 3.jpgLa photographe invente l’illusion d’une obscénité de l’incroyable selon une fantasmagorie parfois ironique. L’image n’est plus créée par les hommes et pour eux mais par une femme et pour elles. Audrey Piguet donne une forme de calme au plaisir et une beauté aux tempêtes par le don de la chair de diverses natures en clandestinité à ciel ouvert. Elle projette la posture de clarté sur l’intouchable, invente la parure d’innocence d’un tabou. L’extase de l’apparition à l’intérieur le jeu de l’artiste avance masquée. Et c’est bien là toute la poésie de telles présences. Elles vaquent entre errance et redémption.

Jean-Paul Gavard-Perret

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