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06/11/2020

Antoine d'Agata et Francis Bacon : errance et persécution

dagata2.jpg"La première exposition de peintre que j’ai visitée est une rétrospective de Bacon au MoMA en 1989. Ce fut un choc dont je ne me suis toujours pas remis." écrit Antoine d'Agata. Et cette éditions rassemble 27 de ses photographies et 25 œuvres graphiques de Francis Bacon en un double livre qui établit un écho et un parallèle entre les deux. Ils peuvent ainsi se regarder en face à face pour créer un parfait dialogue.

dagata3.jpgChez Bacon, le corps est toujours souffrant dans sa viande torturée qui parfois est remplacée par celle de la bête soumis au martyr le tout entre horreur et compassion.

dagata.jpgEt d'Agata s'est immergé dans cet univers pour l'érotiser - même s'il l'était déjà - afin de le pousser à bout là où les êtres tentent seuls ou à deux de sacraliser non sans violence les affres de l'amour ou de la solitude.

Une certaine animalité des rapports sexuels est présente selon le "devenir chien" dont parlait Deleuze à propos de Bacon. Les partenaires semblent en lutte pour exister entre abus et consentement plus ou moins forcés et que souligne le texte de Perrine Le Querrec. Elle retrouve là des artistes qui lui sont chers ainsi que  des thèmes de prédilection : errance, marginalité; violence envers les femmes et prostitution.

Jean-Paul Gavard-Perret

The Eyes Publishing : Francis Bacon / Antoine d’Agata, Édition de Vincent Marcilhacy et Véronique Prugnaud, The Eyes Puvlishing, testes de Perrine Le Querrec et Léa Bismuth,, 2020, 96 p, 45 E.

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