gruyeresuisse

25/10/2020

Jo Fontaine : les épilogues inaliénables

Fontaine 3.jpgJo Fontaine, "Raisonnance... Résonance...", Marianne Brand, Genève Carouge, du 31 octobre au 20 novembres, et espace Borabora, Genève, du 31 octobre 2020 au 29 janvier 2021.

La pierre est par essence ce qui symbolise - face à l'humain provisoire - l'éternité. Pour preuve on en fait les stèles de nos sépulture en tant que trait d'union entre passé et présent et même dans l'espoir d'un futur. D'autant que cette matière possède non seulement un aspect terrestre mais cosmique : elle est faite par le jeu que l'univers a créé au sein de notre planète et témoigne d'une sphère interstellaire. Pour le signifier Jo Fontaine dans un minimalisme qui ne porte pas forcément ce nom invente des formes jusqu'au dépouillement : disques ou colonnes suppriment les imageries pour ramener à des repères majeurs dont la beauté s’articulent dans l’espace loin de tout ramollissement.

Fontaine.jpgPar son incoercible liberté l’artiste crée une œuvre intelligente et forte tout en dissolvant l'intelligible dans une abstraction essentialiste. Peu de créateurs sont parvenus à atteindre ce qu’il réussit. Ses oeuvres, quelle qu'en soit la taille, donnent l’impression que tout est "dit" sous le sceau de la sobriété. L’œuvre tient d’elle-même par la force interne de son langage, comme la terre, sans être soutenue, se tient en l'air dans l’univers.

Fontaine 2.jpgL’artiste crée une architecture dans l’architecture en divers types de mises en relief physiques et plastiques. Seules les dimensions des sculptures et leur polissage plus ou moins consommé constituent les contraintes d’installation - les dimensions des projections leur étant égales. Sous un minimalisme les aspects perceptuels, conceptuels et sémantiques restent clairement explicites. L’œuvre est donc conçue comme un système de signes préhensibles là où Jo Fontaine crée un pont entre deux mondes. Il crée dans le statisme une dynamique d'échanges et d'échos. Il tient le rôle non de douanier mais de passeur en maintenant un écart et une distance par rapport au réel comme à l'image.

Jean-Paul Gavard-Perret

Commentaires

Bonjour Monsieur,

Je me permets de prendre contact avec vous pour avoir fait connaissance de votre travail, par l'entremise du webzine Litzic, qui me consacre, durant ce mois d'octobre, leur rubrique "L'auteur du mois" (https://litzic.fr/category/l-auteur-du-mois/). A cette occasion, j'ai notamment pu découvrir votre recension du livre de Jacques Cauda, Fête la mort.

Auteur d'un 3e roman qui paraîtra au mois de novembre prochain dans une petite maison d'édition, ayant pour titre Au sud de nulle part (publié chez Az'art Atelier), je prends, pour ma part, mon courage à deux mains, selon l'expression consacrée, en me disant qu'il y a bien aussi des gens qui envoient des bouteilles à la mer. Les miennes ont la particularité du papier, des romans, dont les trois premières pages des deux premiers (Faillir et Cellules) sont consultables en ligne, si vous le souhaitiez :

- Faillir :https://sd-5b.archive-host.com/membres/up/cf7267cdfebbaca9a70d39be54bb00702eaeae52/LORPAILLEUR/Faillir_3_pages.pdf

- Cellules : https://sd-5b.archive-host.com/membres/up/cf7267cdfebbaca9a70d39be54bb00702eaeae52/LORPAILLEUR/Cellules_3_premieres_pages.pdf

J'aurais aimé, plutôt, vous envoyer directement, soit en version électronique, soit en version papier, chacun de ses livres mais je vous imagine déjà croulant sous le papier. Ces trois premières pages pourraient peut-être s'apparenter, dès lors, à une forme d'invitation.

Quoi qu'il en soit, je vous remercie par avance de votre lecture comme de votre réponse, le cas échéant.

Bien cordialement,
David Fonseca
fonseca_david@yahoo.fr

Écrit par : Fonseca | 26/10/2020

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