gruyeresuisse

22/10/2020

Les épures de Silvia Bächli

Bachli.jpgSilvia Bächli, Skopia, Genève, du 31 octobre au 19 décembre 2020.

Silvia Bächli poursuit avec une obsession de la perfection sa hantise de l'entrave dont elle veut libérer ses œuvres. Comme si elle voulait réparer le trauma d'une époque qui croule sous les images. Celles-ci, répulsives ou attirantes, entraînent vers un lieu d'enfermement, d'impossible séparation entre le réel et sa représentation et un blocage de l'imaginaire.A l'inverse les épures de Silvia Bächli permettent de penser l'être, son rapport au réel en une concentration source de "simplicité" - ce qui reste le plus difficile dans l'art et qui demeure l'apanage des grands maîtres.

Bachli 2.pngL'économie minimaliste entraîne paradoxalement vers une utopie de la vision. D'où la nécessité de cet échange entre la réalité et l'image ainsi que l'intensité d'une attention à l'espace par ce qui devient chez la créatrice une "méthode" de construction qui fait abstraction des idées reçues et de toutes conventions.

Bachli 3.png

Silvia Bächli met à nu le monde en des opérations "expérimentales" mais qui ne renoncent en rien à la recherche et l'expression de la beauté. Dans le "peu" celle-ci devient convulsive. L’œuvre offre en conséquence une vision beaucoup moins taciturne qu'ardente et apaisée. Les couleurs - le plus souvent pâles - et les formes parcimonieuses procurent des émotions lancinantes voire une forme de sidération par les interrogations qu'elles suscitent.

Jean-Paul Gavard-Perret

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