gruyeresuisse

21/10/2020

Quand Charles Husser se met à table

Husser 3.pngCharles Husser, "A table", Espace L, Genève, du 31 octobre au 5 décembre 2020.

Fils d’un père peintre et d’une mère plasticienne, Charles Husser est donc né dans l'art même si - en sa période adolescente critique - il cherche une technique parallèle : le graffiti. Il crée un collectif d’artistes- graffeurs qui laissent leurs fresques chez des particuliers et dans des lieux publics. Redevenant "sérieux" (sic...) il rentre à l’Ecole Supérieure de Beaux-Arts de Montpellier mais il s'en fait renvoyer presque aussitôt. Ce qui ne l'empêche pas à persévérer dans la peinture et il investit les rues de Montpellier entre 2009 et 2010, pour y accrocher ses peintures afin que les passants se les approprient.

Husser 2.jpg

Il part ensuite à Santiago du Chili où̀ il réalise divers projets artistiques. De retour en France en 2011, il peint de manière compulsive et se met en quête du support adéquat qui le libérerait de la toile. Le bois devient son médium. Il le façonne avec son nouvel outil, une tronçonneuse pour son travail de sculpture sur bois avant qu'il ne revienne à la peinture dans un travail de plus en plus abouti comme en témoigne l'exposition.

 

Husser.jpgL'artiste rend à la peinture à sa fonction d’amour du vivant et donc contre la mort par qui toutes les choses - sauf la peinture - en nous sont fragiles. Celle-ci reste pour l’homme désirant le banquet dont il rêve afin satisfaire en lui l’affamé. Les oeuvres font passer de la peur à la quiétude et au rassasiement. Le vaginal n’est plus ce que Quignard nomme dans "La nuit sexuelle", "le louche et le glauque" mais le transparent et le lumineux. Tout est soudain offert, ouvert par fragments. "Du" secret accouche. Au "velate" (le voilé) fait place le sans voile (le "revelate").

Jean-Paul Gavard-Perret

 

Les commentaires sont fermés.