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11/10/2020

Celine Cadaureille : cas d'espèces

Cadaureille.pngLes bustes et pièces qui sont présentés par Céline Cadaureille à Lyon se situent dans la suite de sa quête. Celle-ci peut se qualifier de postsurréaliste  mais pas seulement. L'identité y est reprisée ou torturée de diverses façons. Pas pour autant de violence affichée. Au-delà de toute entité close, l'artiste propose un regard inconnu fait d'un corps espace débordant ou troué mais qui n'ignore rien de la densité de l'existence.

 

 

Cadautreile 2.jpgChaque sculpture agit comme le signe d’une émotion au bord du maelström de matières, elle irradie, bande, désagrège ou réorganise, elle fabrique un bloc d’énergie pure mais  en diverses dissonances programmées. Même Aphrodite en prend pour son grade dans un exercice de cruauté. Et les œuvres sont autant une autopsie de notre époque qu’une réponse plus générale à ce qui fait violence à l’être. Elles illustrent combien cette violence est un état permanent, un désaccord profond avec soi-même et le monde.

Cadaureoille3.jpgNéanmoins l'approche est régénérante même lorsque au rouge sang font place des couleurs délavées et de grandes coulées noires. A coté des bustes certains objets deviennent des segments de rivière mélancolique couverte d’une pellicule végétale nacrée . Mais là encore il faut se méfier des surfaces. Surgissent dans tous les cas des paysages intérieurs, des lieux subtilement déréalisés par l'artiste là où la dimension rêveuse devient narcotique et vénéneuse. Souvent avec humour. Mais pas toujours. Car on ne peut sourire de tout.

Jean-Paul Gavard-Perret

Céline Cadaureille, "Face à face", du plâtre au grès", Musée des Moulages, Lyon, du 19 septembre au 28 novembre 2020

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