gruyeresuisse

10/10/2020

L'image dans l'image : Cristina Rizzi Guelfi

guelfi 3.jpgSelon la suissesse Cristina Rizzi Guelfi "nous avons besoin d’un visage " pour assurer notre psyché selon un processus de reprise égocentrée ainsi réassuré. D'où le succès des selfies. Ils deviennent le système de narration et de petite comédie d'une auto-starification du pauvre particulièrement dans une époque où les réseaux sociaux tiennent lieu de communication aussi frénétique qu'illusoire.

guelfi 2.jpgMais toutefois Cristina Rizzi Guelfi détourne le selfie en illustrant à la fois son importance, son leurre, et comment ce dernier peut fonctionner. L'artiste en revéle les possibilités de tricherie de manière volontairement visible et tout autant enjouée. Elle prouve combien ce leurre est non seulement un attrape nigauds mais un attrape-toi toi toi-même. La  serie «nous avons besoin d’un visage [?]» est donc là pour se moquer d'une pratique obsessionnelle et  réparatrice.

guelfi.jpgLa créatrice, en remplaçant les visages par des photographies achetées à une banque d’images d'archives américaines des années 1950 et 1960, montre à la fois que le visage peut devenir ce qu'il est - à savoir un mensonge - et qu'une société mondialisée fondée sur l’apparence et l’image de soi, oblige à une convulsion médiatique liée à une sorte de blessure narcissique. La représentation d'une apparence physique tente de la colmater  au moment où le visage étant celui d'un autre reste néanmoins et par procuration le monograme d'une psyché ironiquement sauvée par la démonstration de la créatrice.

Jean-Paul Gavard-Perret

Cristina Rizzi Guelfi ,«nous avons besoin d’un visage [?]», https://www.instagram.com/cristinarizziguelfi/?hl=it

 

 

 

 

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