gruyeresuisse

30/09/2020

Claire Guanella et les filambules

Guanella.jpgClaire Guanella, Gegenwartkunst - Elfi Boher, Zurich, du 3 au 11 octobre 2020.

 

Dans l'oeuvre de Claire Guanella les apparences se dissolvent en un chant plastique qui s'adresse au visible : la peinture résonne dans son espace et s'y établit comme un "objet" concret, tangible même si elle reste pourtant et théoriquement plus indicible que le réel. Le tout en des chemins sensoriels où se produisent des translations dans des opérations où la peinture appelle la projection du songe pour des visions désobstruées et afin de créer un mystère là où celle-là est rehaussée par une circulation de bulles d'air.

 

Guanella2.jpgTout est constitué de trames visuelles aux consistances souvent diaphanes. Le subtil et précieux est souligné de fils qui se referment souvent sur eux-mêmes. Ils semblent suggérer l'âme qui voltige en funambules ou «filambules». Existe une tendresse dans une sorte d'attention et de finesse là où tout évolue selon un désordre apparent qu'impriment de telles présences.

 

Guanella3.jpgLe réel revient totalement de ce qu'il est ou du moins tel que nous nous le représentons. Tout ici est intime mais en rien impudique. Une telle "écriture" plastique montre la vie mais en s'en distanciant. Surgit une histoire de regard, mais autre chose encore. L’image défait les liens du visible pour que l’insaisissable prenne paradoxalement corps. Claire Guanella le révèle: tiré hors du sommeil de larve il devient papillon. Le cosmos rejoint le microcosme et la terre, l’éther en cheveux d'écume. L’étreinte du temps ne se resserre pas pour autant entre de minces filets qui, faisant de subtiles barrages, donnent à l’informe une possibilité de cadences.

 

Jean-Paul Gavard-Perret

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