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27/09/2020

Marion Tampon-Lajarriette : champ libre aux interprétations

tampon lajarriette.jpgMarion Tampon-Lajarriette"Echos", Edizioni Casagrande, 331 pages, textes Cristóbal Barria, Mark Lewis, Beau Rhee, Lucille Ulrich, Valeria Venditti. La galerie Laurence Bernard inviter au lancement de la nouvelle monographie de Marion Tampon-Lajarriette, le 3 octobre 2020.

Tampon 2.jpgTout montrer voue la photo au cliché. C'est pourquoi Marion Tampon-Lajarriette préfère les éléments qui cherchent - comme disait Duras - « quoi faire de la solitude ». Sans délire, sans morbidité, sans effets, par fragments de narration ou par panoramiques paysagers Marion Tampon-Lajarriette enjambe le réel comme Don Quichotte enjambait les moulins. La folie du Quichotte c’est aussi sa folie.

Le paysage devient un corps. Le corps un paysage engendré dans des gouffres (du plaisir ?) qu'elle invente. La photographe est là pour saisir certains arpents afin d’en faire une chanson de lignes, d’espaces, de formes et de gestes. Quelque chose bouge que l’artiste fixe. Ce n’est pas l’inverse du cinéma mais sa profondeur.

Tampon 3.pngLa créatrice aime ce qui échappe. Elle se veut aussi captive que captivée. C’est pourquoi elle touche non avec des images émouvantes mais avec des rapports d’images simples. Evitant la fétichisation elle passe toujours d’images vivantes à des images mortes. C’est l’inverse d’un Hitchcock chez qui tout refleurit par la musique. Hitchcock c’est (surtout) du Rakhaminov. Chez la photographe et vidéaste installée à Genève la dramaturgie naît d’une certaine marche d’éléments non dramatiques. Pour que l’être soit absorbé tout entier.

Jean-Paul Gavard-Perret

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