gruyeresuisse

02/09/2020

Mémoires d'un "Touriste" : Claude Tabarini

Tabarini.pngClaude Tabarini, "Au jardin des légendes", Editions Héros-Limite, Genève, 2020, 78 p., 14 E..

Flaneur des rives du Léman - avec à ses côtés l'illustratrice Marfa Indoukaeva - Claude Tabarini poursuit ses pérégrinations dignes d'un touriste à la Stendhal. Dans sa ville ou d'ailleurs il tire de petites vignettes d'observation pertinente qui vont du quasi haiku ("seule / à l'écart des lumière de la rive / la barge") à la plus large chronique où chaque fois le réel est réenchanté.

Tabarini 2.pngAutodidacte, amateur de jazz et batteur, depuis les années 70 il écrit de petits textes très vite remarqués par Georges Haldas. Arpenteur du vieux Genève presque disparu, il décrit la ville telle qu'elle est - au besoin avec humour et irrévérence. Dans la veine de "Rue des gares" il parle de ce qui est ou de ce qui fut sans nostalgie au fil de ses "secrets" toujours discrets (le poète est genevois...) et sans abdication. Et ce, depuis le "cul" de la gare Cornavin et ses quartiers grevés de squatts afin de ramener à nous des paysages tortueux qui ne se laissent pas saisir au premier regard.

Tabarini 3.jpgExistent toujours des "mythologies simples" dans sa collection de moments notés en ses carnets qu'il oublie parfois si bien qu'il doit les noter sur un ticket de bus. A l'affut de l'instant et sans souci de faire oeuvre il avance dans un lyrisme (mais juste ce qu'il faut) teinté d'ironie. Fan de Petula Clark pour laquelle il inventa "la machine à l'excuser", il semble plus baba cool que bobo. Mais de fait il est ni l'un, ni l'autre : juste un poète qui multiplie les rythmes - du binaire aux mesures plus compliquées.

Jean-Paul Gavard-Perret

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