gruyeresuisse

22/08/2020

Un grand besoin de tensions : Emilie Ding

Ding.pngEmilie Ding, Xppas, Genève, 2020, du 3 septempbre au 10 octobre 2020.

La Suissesse Emilie Ding fut invitée dès 2014 à exposer au Palais de Tokyo (Paris) puis a présenté déjà au - Mamco - cinq pièces massives faites de plaques de béton de 2,50 m. de hauteur, sur lesquelles elle dessine la mémoire du lieu. En 2016, une œuvre est présentée dans l'exposition collective imaginée par Samuel Gross "All Over" à la Galerie des Galeries, l'espace culturel des Galerire Lafayette. Depuis l'artiste s'inscrit de plus en plus dans le paysage artistique international.

SDing 3.jpgon travail se partage principalement entre le dessin et la sculpture, avec un penchant marqué pour les structures du BTP , de l’architecture moderne . Utilisant des éléments de ces champs, elle les transforme pour pousser à bout les limites des moyens qu'elle empreinte. Les formes concrètes - entre autres du béton et de matériaux bruts (textiles par exemple) - représentatives des espaces proches de nous sont volontairement maltraitées, détournées à bon escient par la créatrice. Elle multiplie - aux aguets de ses mains et de son imaginaire - ses travaux sur le papier ou ceux qu'elle isole dans l’espace pour le transformer.

Ding 2.pngEmile Ding cherche - par ses formats, techniques et emplacements  comme par les "signes" qu’elle y introduit - à placer le spectateur dans un monde qui semble absurde.  Des pans et fragmentations exhortent le regard à se creuser en se dégageant de sa gangue. Et ce, en vue d'un secret trouble ou d'une secousse mentale. Se révèle la marque de la déperdition de l’être en sa triste vacuité. Se fend la trace d'"archives" d'où elle part à la recherche d’autres mémoires. En une dispersion organisée une sorte de souffle enveloppe : mais un monde s'ouvre néanmoins.

Jean-Paul Gavard-Perret

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