gruyeresuisse

01/08/2020

O.K. corolle

Carole.jpgMon travail reste une expérience intérieure mais n'est en aucun cas une expression de l'existence. Mon verbe ou ce qui lui ressemble témoigne d'un désengagement total. Le tout sans le moindre déréliction désenchantée mais quasiment de joie mystique de quelque utérin séjour où, nouveau Jonas je me dorlote dans les vagues qui m'ont vomies.

Négociant en vain je n’ai guère de capacités - même si comme chacun de nous mon intelligence est supérieure à la moyenne. Mon sexe est mal défini et il se peut qu'un e muet achève mon ou ma presqu’île. D’une carpe je n’ai même pas pu soutirer le mot diem. Mais lorsqu'une femme m'appelle "mon canari" je ris jaune et il m'arrive que je vois rouge.

Quant  à mes à menthe je ne prends pas la lune pour l’autre. A celles qui m'amie-donne j'assure la croute. Mais c'est - et pudiquement - qu'après les avoir couvertes du regard que je les déshabille des yeux. J’ai toujours su dévêtir l'une pour mieux rhabiller l'autre et aboutir à l’échec jusqu’à être incapable d’imiter ma propre signature. Et ce dès mon mariage. De ce dernier j'attendais mieux mais pensant que toute chair étant faible il fallait l’accalmer.

Finalement, je descends plus facilement du singe et au fond des choses que je n’en remonte. Pourtant je ne suis pas de ceux qui se font tant de mal à vouloir toujours les derniers maux. Non à force d'attendre que vieillesse se passe arrive le temps où l'on trépasse si bien que mon infini va rester sur sa faim. C'est dire combien mes fins de moi sont difficile. Ma vie à n'en pas douter ne tient plus qu'à un string. Et je ne changerai plus de corde à sauter. En nain Atchoum il ne me reste que trop peu d’éternuité.

Rien n'y change, pas plus que de battre un chien d’aveugle avec une canne blanche. Mais muselons la logique, laissons là aux philosophes ou musichiens. J'ai appris qu'à mon âge mieux vaut deux comprimés de diméthylaminoétyl et de copolymère de méthacrylate dans un verre qu’un con promis. Bref il n’y a plus d’O dans mon histoire. Les nonnes dont le beau cou plaît peuvent désormais sortir non seulement en coup de vent de leur couvent et retirer leur coupe-vent pour montrer leurs saints. Mes appâts rances ne sauront que les saluer sans la moindre offense.

C’est pourquoi je vais vous laisser sur ces mots dont vous ne tarderez pas à mesurer le cabot-inage. Mes Anne-nuités se terminent. Depuis que j'ai perdu un pied il ne me reste qu'une pompe funèbre. Mais il faut qu'elle soit patiente : je n'ai pas tout à fait fini de la lasser.

Jean-Paul Gavard-Perret

(Dessin original de Tristan Félix)

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