gruyeresuisse

12/07/2020

Jean-Louis Perrot : le multiple inachevé.

Perrot.jpgPablo Betti & Jean-Louis Perrot, "Ilusion fondamentale", Galerie Rosa Turestky, Genève, aout-septembre 2020.

 

A côté des toiles monochromes du Genevois d'adoption Pablo Betti qui fait de ses monochromes un miroir de l'universel et pour lequel tout souvenir possède une couleur que l’épaisseur de la peinture laisse émerger en un «dessous» caché et chic, pour Jean-Louis Perrot la masse du fer crée un équilibre "entre l’aliénation qui cède et la force qui se régénère" comme l'écrit l'artiste. Aux formes "sacrées" du bronze de la plasticité classique font place des suites de mouvements implicites entre envol et chute.

 

Perrot 2.pngPerrot reste le sculpteur du déplacement. A coté de ses dessins plus anthropomorphes, le langage dans l'espace et au moyen du fer dépasse la démarche initiale et se dégage de tout académisme. Un dépouillement formel porte vers l'envol, la masse et au service d'une paradoxale apesanteur. Les tiges de fer tendues et oxydées créent un point de suspension entre ce qui retient et aspire. Tordant la matière comme la mémoire  surgit un multiple inachevé.

 

Perrot 3.pngEt si à l'origine il y eut chez Perrot du "bricolage", peu à peu le plasticien a épuré sa pratique par élimination de tout effet de re-présentation. L'objet devient signe plus que chose là où si le processus compte le but importe : le fer brut ou travaillé, rouillé ou grenu, transforme le monde dans une poésie des sphères.  Un défi - par l'insurrection de la matière dite non noble - permet qu'éclatent les veines de l'aube.

 

Jean-Paul Gavard-Perret

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