gruyeresuisse

04/07/2020

Joan Haseltine : voyages en solitudes

Haseltine_Joan 2.jpgJoan Haseltine propose le début d'histoires. Tout reste dans l'ordre d'un certaine suspense et d'une attente. Personnages et objets sont isolés dans le cadre et tout est présenté de manière aporique. La photographe présente de la manière suivante son objectif : "une exploration du veuvage, créée à travers la lentille d’influences cinématographiques."

Haseltine_Joan.jpgS'intéressant à "l’objectivation des femmes dans le cinéma dans les années 50 et 60", l'artiste les transforme en métaphores de son propre voyage dans des endroits qu'elle ne connaît pas. De tels lieux émanent la solitude, un isolement et la douleur qui est suggérée suite peut-être à des peines de coeur.

Haseltine_joan 3.jpgCouleurs, lumières et un certain stylisme créent des narrations sans début ou fin. Reste une état de latence qui, rappelle Joan Haseltine, "parle de ce que j’ai vécu." La créatrice décrit des états de vulnérabilité mais dans lesquels se perçoit une beauté dans la banalité. La création s'enracine en une solitude parfois nimbée en un certain confort toujours provisoire. Toutes les femmes de l'artiste semblent de passage mais rivées à un isolement sans fin. Vibre une discrète lumière. Les visages restent néanmoins  avides d'impalpables demains. Virevolte sourdement l’invincible jouissance qui tient encore au corps.

Jean-Paul Gavard-Perret

Joan Haseltine, "La fille en Robe Rouge et Autres Histoires", 2020.

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